In memoriam Etienne RENAUD


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Parcours de vie, Père Guy Vuillemin

Etienne est né à Angers, le 24 octobre 1936, mais très tôt, il est arrivé, avec sa famille à Paris. Une famille de 12 enfants. Il se considérait comme Parisien.

Il a fait ses études secondaires au collège Stanislas à Paris. Après son bac, il fait Math-élem et entre à l’école polytechnique en 1956 où il obtient un diplôme en électricité. Cela lui servira plus tard.

Je suppose qu’il fait son service national à ce moment-là. Il en sort sous-lieutenant.

Il entre au séminaire de Saint Sulpice à Issy-les-Moulineaux pour y suivre la 1ère étape de formation sacerdotale, avec 2 ans de philosophie. Mais il ne continue pas sur la voie du sacerdoce diocésain.

En septembre 1963, il commence la formation des Pères Blancs avec un de noviciat à Gap puis une formation théologique à Vals près du Puy.

Il s’engage à vie dans la société des Pères Blancs, Missionnaires d’Afrique le 28 juin 1965.

Il est ordonné prêtre le 25 juin 1966, (il y a 47 ans jour pour jour).

En septembre 1966, il est nommé aux études à l’Institut d’Etudes Arabes et Islamiques, à Rome, pour se préparer au service de la Mission de Dieu dans le milieu arabo-musulman. Il prolonge son étude de la langue arabe de septembre 1968 à septembre 1969, à Damas, en Syrie.

Il est alors nommé en Tunisie, réside à l’IBLA (Institut des Belles Lettres Arabes) et travaille pour une Société d’Electricité.

Le 1er mars 1973, il part à Sana’a, au Yémen, dans les bagages des Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique. Les sœurs avaient accepté de servir au Yémen à la demande des autorités à condition d'avoir un aumônier. D’autres confrères y seront aussi nommés après lui. Etienne réside chez l’habitant et gardera toute sa vie le souvenir de la famille musulmane qui l’a logé et accueilli avec beaucoup de respect pour ce qu’il était.

Le 1er septembre 1980, il est nommé professeur au PISAI, et le 24 juin 1981, Délégué pour la section Proche-Orient Mer Rouge, avec résidence au PISAI. Cette responsabilité le conduit à visiter ses confrères du Liban, de Jérusalem, du Yémen, d’Ethiopie et de Djibouti. Son mandat est renouvelé en juillet 1984.

Cette responsabilité fait de lui un membre de droit du Chapitre Général de notre Société, dont les membres l’élisent Supérieur Général le 6 juin 1986. Il assume cette responsabilité pendant 6 ans jusqu’au Chapitre de 1992, allant à la rencontre des confrères dans tous les pays où ils sont présents.

Pendant le chapitre de 1992, qu’il préside, lors du vote d’orientation, quand il constate que beaucoup de voix se portent sur un confrère non présent, il demande qu’on ne vote plus pour lui. Ce Confrère est élu et Etienne le lui annonce et attend sa réponse pour savoir si elle est positive. Elle l'est.

Alors, en attendant l’arrivée à Rome de l’élu, Etienne vide sa chambre et son bureau de toutes ses affaires personnelles afin que le nouveau Supérieur Général puisse tout de suite s’installer, et, lui, va occuper une chambre vide de la maison.

De là, il est nommé, le 1er juin 1992, responsable de l’IBLA, à Tunis.

En 1994, il participe comme conseiller au 1er synode pour l’Eglise d’Afrique de la Conférence des Evêques d’Afrique du Nord.

Le 1er juillet 1994, il est nommé directeur du PISAI. Il y fera deux mandats jusqu’au 1er Juillet 2000.

Il se porte volontaire pour aller consolider l’équipe qui vient de s’installer dans l’île de Pemba, à côté de l’île de Zanzibar. Il se met à apprendre le kiswahili et s’informe sur les réalités de ces îles de l’Océan Indien, parties de la Tanzanie. Pemba est peuplée essentiellement de musulmans, mais la reconversion dans une nouvelle langue à son âge fait obstacle et, après quelques temps, il accepte une nomination ailleurs.

Le 4 avril 2002, il est nommé au Soudan, à Khartoum, pour prendre en charge le le Centre d’études de la langue arabe soudanaise.

Le 18 mai 2005, il est nommé en France, où il fait une année sabbatique à Sainte-Foy-lès-Lyon. Mais il est rattrapé par Rome qui le nomme le 1er juillet 2006 au PISAI où il devient directeur des études pour une période de transition.

Le 26 mai 2008, il est nommé à nouveau en France, et le 3 juin 2008, à la communauté de Marseille, où nous savons tous tout ce qu’il a entrepris au service de l’Eglise de Marseille pour la rencontre et le dialogue avec nos frères musulmans.

Je rends grâce à Dieu de m’avoir donné de vivre 2 ans en communauté avec Etienne au PISAI. Très vite, j’ai constaté que cet homme, ce frère, ne nous appartenait pas, pas plus qu’il n’appartient à sa famille, ni même à lui-même.
Pour moi, Etienne était un homme habité par un Autre, Celui qui l’a appelé et pour qui il s’est mis à vie au service de Sa Mission dans notre petite société.

Sur son visage souriant, accueillant, on pouvait lire les traces de ses dialogues matinaux, à genoux, devant Celui qui l'avait saisi. Un peu comme Jésus qui se retirait seul sur la montagne pour se recevoir de Son Père et notre frère.

Et parce qu’il appartenait à Ce Dieu qui ne se lasse jamais d’aller à la rencontre de tous ses enfants, Etienne, en fait désirait au fond de lui appartenir à tous ceux qu’il rencontrait…

Homme d’écoute, de conseil, de service, de rencontre, d’humilité naturelle, habité par ceux que Dieu mettait sur son chemin, il se déplaçait pour être plus proche d’eux.

Supérieur Général de notre Société, il n’oubliait pas son tour au service de la vaisselle …

Directeur du PISAI, il n’oubliait pas les vendredis soirs son service à la mensa de san’Egidio pour les sans-abris de Rome, pour le service du nettoyage, de la vaisselle et des poubelles… Rayonnant de la douceur de Celui qui a dit : « je suis doux et humble de cœur ! »

Merci Etienne… Maintenant, avec le Christ, en Dieu, n’oublie pas que nous t’appartenons.


Père Guy Vuillemin
Provincial des Pères Blancs pour la France


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